• "JE L'AI APPELEE CHIEN" de Marli Roode

      Cela faisait dix ans que Jo Hartslief n'était pas revenue dans son pays. Une décennie d'exil à Londres, loin de son Afrique du Sud natale. Et des souvenirs douloureux qui s'y rattachent. La mort de sa mère dans un accident de la route. La fracture avec son père, Nico, raciste notoire, favorable au régime de l'Apartheid et à la suprématie de la race blanche.

       Mais la voilà de retour. Dans la peau d'une journaliste qui vient couvrir les émeutes qui secouent une fois de plus les townships de Johannesburg. Au moment où le pays multiplie les grands travaux afin d'être prêt à accueillir la coupe du monde de football. Et les sentiments de Jo sont contradictoires. Son coeur oscillant entre la joie des retrouvailles, notamment avec Naledi, son amie d'enfance, et l'horreur de ce qu'elle découvre dans les quartiers noirs, où la misère, la violence, et les humiliations policières sont quotidiennes.  

       Alors qu'elle échappe de justesse à des échauffourées lors d'un reportage, quelle n'est pas sa surprise de voir son père la contacter. Et même plus, de l'appeler au secours. 

       Accusé du meurtre d'un activiste noir opposé à l'Apartheid, deux décennies plus tôt, le passé le rattrape et la justice lui demande aujourd'hui des comptes. En fuite, il est pourchassé par la police et par Gideon Van Vurren, chef du groupe paramilitaire auquel il appartenait à l'époque. Et qui avait carte blanche pour faire taire par tous les moyens les militants de la cause noire. Car celui-ci a peur qu'il se mette à parler, trahisse ses anciens compagnons, et devienne un repenti. 

       Jo, malgré un lourd passif avec son géniteur, n'hésite pas une seconde. Et les voilà pour la première fois, père et fille, réunis pour le meilleur et pour le pire. 

    (Livre disponible chez Rivages au prix de 21 euros)